Le Varan du désert est adapté à la chaleur extrême et à la sécheresse. Les terriers jouent un rôle essentiel : en Israël, ils mesurent en moyenne 125 cm de longueur et 30 cm de profondeur11. En Algérie, des terriers dépassant 3 m ont été décrits1. Au Maroc, ni la profondeur ni la complexité des terriers ne sont documentées, mais les substrats sableux et rocheux rendent plausibles des abris similaires. Ces terriers permettent à l'animal d'accéder à un microhabitat plus frais et plus humide.
L'espèce régule activement sa température corporelle. En Égypte, des études de radiotélémétrie montrent une température optimale comprise entre 35 et 38 °C, atteinte grâce à une exposition directe au soleil le matin puis maintenue activement jusqu'en début d'après-midi37. Le seuil d'inactivité est observé en dessous de 20 °C, et l'hibernation débute autour de 17 °C. La tolérance maximale se situe entre 44 et 47 °C, au-delà de laquelle la mortalité survient7.
Le Varan du désert est principalement actif au printemps et en automne, tandis qu'il reste probablement confiné dans ses terriers durant les périodes les plus froides de l'hiver et les plus chaudes de l'été. En Algérie, deux principales périodes d'activité ont été décrites : d'avril à juin, puis en octobre1. En Mauritanie, des individus ont été observés jusqu'en novembre1. Au Maroc, nous avons relevé plusieurs traces fraîches dans différentes régions en août et septembre, ce qui indique également une activité estivale. Des varans ont aussi été observés par d'autres groupes herpétologiques en plein été. Il est donc probable que les varans réduisent leur activité aux heures les plus fraîches de la journée durant le pic estival, tout en restant actifs.
En Algérie, les territoires des varans s'étendent sur 1–5 km², avec des déplacements journaliers atteignant jusqu'à 8 km1213. Ces valeurs peuvent varier fortement selon la disponibilité en proies dans l'habitat.